L’année 2018 débute sous le signe d’une agitation météorologique remarquable. Quelques heures seulement après que les festivités du Nouvel An sur les Champs-Élysées ont rassemblé des centaines de milliers de personnes dans une atmosphère étonnamment clémente — marquée notamment par une douceur record à Paris pour un 31 décembre —, le ciel d’hiver reprend ses droits avec fracas. Alors que la tempête Carmen quitte à peine le territoire national en laissant derrière elle des milliers de foyers privés de courant dans l’Ouest, une nouvelle menace atmosphérique se profile : la tempête Eleanor.
Une trajectoire rapide venue de l’Atlantique Nord
Formée au large de l’Irlande, cette vigoureuse dépression s’est creusée à grande vitesse avant de foncer vers la Manche. Face à l’intensité des vents attendus dans la nuit de mardi à mercredi, Météo-France a émis un bulletin de vigilance orange pour 21 départements. La zone sous surveillance englobe l’ensemble de la région Île-de-France — Paris, la petite couronne ainsi que la grande couronne —, mais également une large bande côtière et intérieure s’étirant du Finistère aux Hauts-de-France, en passant par la Normandie, l’Oise, la Somme et le Loiret.
Sur le littoral de la Manche et de la mer du Nord, les rafales prévues oscillent entre 110 et 120 km/h, tandis que les terres intérieures ne sont pas épargnées, avec des pointes régulières attendues entre 100 et 110 km/h. Dans les zones de relief, notamment sur les crêtes vosgiennes, les capteurs pourraient enregistrer des pointes exceptionnelles approchant ou dépassant les 150 km/h. La particularité d’Eleanor réside dans sa persistance : le couloir venteux devrait balayer ces régions sur une durée inhabituellement longue, estimée entre 12 et 18 heures d’affilée, avant une accalmie progressive dans l’après-midi du mercredi.
Pourquoi Eleanor et non David ? Les coulisses du baptême des tempêtes
Le public attentif s’interroge souvent sur la logique qui régit l’attribution des prénoms aux dépressions hivernales. Selon l’ordre alphabétique officiel inauguré fin 2017 par le groupement météorologique associant la France, l’Espagne et le Portugal, le phénomène suivant Carmen aurait dû porter un prénom débutant par la lettre D, à l’instar de David. Pourquoi donc Eleanor ?
La réponse réside dans la coordination transfrontalière des services météorologiques européens :
- Lorsqu’une dépression touche d’abord les îles britanniques, c’est le centre météorologique britannique (le Met Office) ou son homologue irlandais (Met Éireann) qui attribue le nom selon sa propre liste préétablie.
- Par convention internationale, afin de ne pas semer la confusion dans les alertes destinées au grand public et aux secours, le premier nom attribué est conservé par l’ensemble des pays touchés par la trajectoire du système dépressionnaire.
Ces interactions dynamiques entre masses d’air illustrent la complexité de nos régimes climatiques tempérés, où les flux rapides peuvent générer aussi bien des coups de vent hivernaux que de violentes perturbations orageuses, comme lorsque la France entre dans un épisode orageux précoce au fil des saisons.
Mesures de précaution et comportements à adopter
Face à des vents d’une telle force, les autorités appellent à la plus grande vigilance. Les chutes d’arbres, de branches fragilisées ou de toitures constituent le danger principal en milieu urbain comme en milieu rural. Les usagers sont invités à reporter leurs déplacements non essentiels, à limiter leur vitesse sur les axes routiers exposés et à ranger ou arrimer solidement tout objet susceptible de s’envoler des balcons et jardins.




