Quatre années après le traumatisme national du Mineirazo face à l’Allemagne, la Seleção aborde l’échéance russe avec une soif inextinguible de rédemption. En ce mois de mai 2018, le sélectionneur Tite a levé le voile sur l’escouade des vingt-trois internationaux retenus pour disputer la Coupe du Monde en Russie. Cette annonce, particulièrement scrutée sur l’ensemble de la planète football, dessine les contours d’une formation équilibrée, alliant une assise défensive rigoureuse à une créativité offensive étincelante.
Le pari Neymar et le coup dur Dani Alves
Le principal soulagement pour les supporters auriverdes réside dans la présence confirmée de Neymar Jr. Éloigné des pelouses depuis la fin du mois de février en raison d’une fracture du cinquième métatarsien contractée avec le Paris Saint-Germain, le prodige de Santos mène une course contre la montre pour recouvrer l’intégralité de ses sensations physiques. Malgré ce coup d’arrêt printanier, son influence demeure prépondérante, lui qui venait d’être distingué lors des Trophées UNFP comme meilleur joueur de la saison en France. Sa capacité d’élimination et son sens du tempo seront les catalyseurs du secteur offensif brésilien.
En revanche, le vestiaire doit composer avec une défection majeure : celle de Dani Alves. Touché aux ligaments du genou droit en finale de Coupe de France, le latéral droit aux multiples trophées doit déclarer forfait pour ce qui devait constituer son ultime aventure mondiale. Pour pallier cette absence de poids dans le leadership et sur le flanc droit, le staff technique a jeté son dévolu sur Danilo, joueur polyvalent de Manchester City, secondé par Fagner, valeur sûre des Corinthians bien connue de Tite.
Une colonne vertébrale dense et expérimentée
L’arrivée de Tite sur le banc brésilien en 2016 a profondément restructuré l’identité collective de l’équipe. Fini le déséquilibre tactique : le Brésil s’appuie désormais sur une colonne vertébrale d’une remarquable solidité. Devant la cage, le poste de gardien offre un duel de premier ordre entre Alisson Becker, auteur d’un exercice impressionnant avec l’AS Roma, et Ederson, pièce maîtresse du système de relance de Pep Guardiola en Angleterre.
En défense centrale, le capitaine Thiago Silva et son compère parisien Marquinhos garantissent sérénité et lecture du jeu, aux côtés du rugueux Miranda. Dans l’entrejeu, Casemiro s’impose comme la sentinelle indispensable, chargé de sécuriser les transitions aux côtés de Paulinho, réputé pour ses projections tranchantes dans la surface adverse, et de Fernandinho. Ce socle défensif confère une liberté totale aux créateurs que sont Philippe Coutinho, Willian ou Douglas Costa, sans oublier le sens du but de Gabriel Jesus et Roberto Firmino.
L’intégralité des 23 sélectionnés de la Seleção
Voici la composition officielle de l’effectif brésilien convoqué pour le tournoi :
- Gardiens de but : Alisson Becker (AS Roma), Ederson Moraes (Manchester City), Cássio Ramos (Corinthians).
- Défenseurs : Danilo (Manchester City), Fagner (Corinthians), Marcelo (Real Madrid), Filipe Luís (Atlético de Madrid), Thiago Silva (Paris Saint-Germain), Marquinhos (Paris Saint-Germain), Miranda (Inter Milan), Pedro Geromel (Grêmio).
- Milieux de terrain : Casemiro (Real Madrid), Fernandinho (Manchester City), Paulinho (FC Barcelone), Renato Augusto (Beijing Guoan), Philippe Coutinho (FC Barcelone), Fred (Chakhtar Donetsk), Willian (Chelsea).
- Attaquants : Neymar Jr (Paris Saint-Germain), Gabriel Jesus (Manchester City), Roberto Firmino (Liverpool), Douglas Costa (Juventus), Taison (Chakhtar Donetsk).
La quête de l’Hexacampeão
Placé au sein de la poule E aux côtés de la Suisse, du Costa Rica et de la Serbie, le Brésil hérite d’un premier tour compétitif mais largement à sa portée. Les observateurs s’accordent à placer la sélection parmi les grandes favorites du tournoi au regard de sa campagne de qualification maîtrisée de bout en bout en Amérique du Sud. Pourtant, les exigences du format à élimination directe réservent bien des pièges face aux redoutables formations européennes, à l’image des futures joutes qui verront plus tard la Belgique créer l’exploit lors du tournoi face aux favoris.
« Nous avons bâti un groupe solidaire, conscient de ses forces et respectueux de son histoire. La pression existe, mais elle doit devenir une source d’énergie positive sur le terrain », confiait Tite en conférence de presse.
Portée par une génération talentueuse et déterminée, la Seleção s’apprête ainsi à s’envoler pour Sotchi avec la ferme intention d’inscrire une sixième ligne à son prestigieux palmarès planétaire.



