Cérémonie de couronnement lors d'une élection internationale de reine de beauté

Miss Monde 2017 : le sacre de Manushi Chhillar et la brillante percée française d’Aurore Kichenin

La ville côtière de Sanya, nichée sur l’île tropicale de Hainan dans le sud de la Chine, accueillait en cette fin d’année 2017 la soixante-septième édition du concours Miss Monde. Face à une concurrence internationale particulièrement relevée, avec 118 participantes venues des quatre coins du globe, c’est la représentante de l’Inde, Manushi Chhillar, qui s’est vu remettre la prestigieuse couronne bleue. Cette soirée a également offert au public hexagonal un motif de grande fierté grâce à la performance remarquable d’Aurore Kichenin, parvenue à se hisser au sein du prestigieux top 5.

L’Inde renoue avec la couronne mondiale

Âgée de vingt ans au moment de son élection, Manushi Chhillar a su charmer les jurés par son élégance naturelle, sa prestance scénique et une éloquence sans faille. Étudiante en médecine et fille de médecins originaires de l’État d’Haryana, la jeune femme nourrissait alors le projet de devenir chirurgienne cardiaque. En décrochant ce titre prestigieux, elle succède à la Portoricaine Stephanie Del Valle et offre à l’Inde sa sixième couronne dans l’histoire de la compétition. Ce sacre permet au géant sud-asiatique de rejoindre le Venezuela en tête des pays les plus titrés de la compétition mondiale, perpétuant ainsi une illustre lignée ouverte par Reita Faria en 1966 et marquée par des figures emblématiques comme Aishwarya Rai en 1994 ou Priyanka Chopra en 2000.

Sur le podium, la nouvelle reine de beauté a devancé la Mexicaine Andrea Meza, première dauphine, et l’Anglaise Stephanie Hill, deuxième dauphine. La lauréate a su séduire les juges non seulement lors des traditionnels défilés, mais surtout lors des entretiens de fond, où son calme et sa maturité ont fait la différence. Dès les minutes qui ont suivi la cérémonie, la souveraine a tenu à adresser ses remerciements à ses compatriotes et aux admirateurs du monde entier pour leur soutien indéfectible à travers les réseaux sociaux.

Aurore Kichenin, un parcours tricolore salué

Désignée première dauphine d’Alicia Aylies lors de l’élection de Miss France 2017, la Montpelliéraine Aurore Kichenin représentait les couleurs nationales avec une motivation exemplaire. Vêtue d’une somptueuse robe de gala confectionnée par la maison Gribha International, la jeune femme de vingt-deux ans a franchi avec succès chacune des sélections successives jusqu’au tableau final.

Son ascension a débuté par une victoire déterminante dans le « Head to Head Challenge », un face-à-face oratoire inauguré cette année-là pour mettre à l’épreuve l’aisance verbale et l’esprit d’initiative des postulantes. Grâce aux votes du public et à l’appréciation des observateurs, la Française a sécurisé sa place parmi les quarante demi-finalistes, avant d’intégrer le top 15 puis le cercle très convoité des cinq ultimes candidates.

L’ultime épreuve des questions-réponses a toutefois constitué un écueil redoutable. Interrogée en anglais sur ce qui représentait selon elle la plus remarquable invention de l’humanité, la représentante tricolore a semblé déstabilisée par l’émotion et la barrière de la langue. Malgré quelques secondes d’hésitation, elle a désigné les moyens de transport modernes pour leur capacité à rapprocher les nations et à favoriser les échanges entre les cultures. Bien que cette réponse brève lui ait coûté l’accès au podium final, sa quatrième place d’honneur a été unanimement saluée par la délégation française.

« Cette présence au sein du top 5 récompense un investissement humain et professionnel sans faille. Nous sommes particulièrement fiers du chemin parcouru par Aurore depuis son écharpe nationale », soulignait alors Sylvie Tellier, directrice générale de l’organisation Miss France.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses anciennes lauréates, à l’image de Marine Lorphelin (elle-même sacrée première dauphine de Miss Monde en 2013), ont félicité la déléguée française pour son engagement, tout en saluant la future consœur médecin indienne couronnée ce soir-là.

Un concours en profonde métamorphose

Loin des simples défilés d’apparat des décennies passées, le comité Miss Monde fondé par Eric Morley en 1951 a profondément fait évoluer ses critères de notation. L’accent est désormais mis sur le programme Beauty with a Purpose (La beauté avec un dessein), qui exige de chaque candidate le pilotage concret d’une initiative philanthropique. Pour sa part, Manushi Chhillar a présenté le projet Shakti, axé sur la sensibilisation à l’hygiène menstruelle et la distribution de protections hygiéniques adaptées auprès des femmes défavorisées dans des dizaines de villages ruraux de son pays.

Aurore Kichenin s’était quant à elle investie aux côtés de l’association « Eau pour la Vie », menant des actions pour financer et installer des forages hydrauliques et des pompes à eau potable dans les zones rurales du Bénin. Cette dimension humaniste, conjuguée à des épreuves d’aptitude physique, des démonstrations artistiques et une gestion active des plateformes numériques, redéfinit les contours des couronnes internationales.

Tout comme les grands rendez-vous de la télévision où le suspense captive des millions de spectateurs, à l’image des exploits où un candidat remporte le plus gros gain de l’histoire de la télévision publique, les concours de beauté continuent de générer un engagement planétaire considérable. Cette ferveur cathodique n’a d’égale que celle observée lors des grands rendez-vous sportifs de l’année, où l’on a pu constater que la meilleure audience sportive en 2017 est pour le handball.

Cette quatrième place d’Aurore Kichenin est venue clore une année exceptionnelle pour les reines de beauté françaises, quelques mois seulement après le triomphe planétaire d’Iris Mittenaere à Miss Univers. Même si la seule couronne de Miss Monde remportée par la France demeure celle de Denise Perrier en 1953, l’élégance et l’engagement tricolores ont prouvé, une nouvelle fois sur la scène chinoise de Sanya, qu’ils figurent parmi les plus compétitifs et respectés au monde.

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