La terre battue madrilène a vibré au rythme d’une explication au sommet entre deux des plus fines gâchettes du circuit féminin. Lors des demi-finales du tournoi Premier Mandatory de Madrid au printemps 2018, Petra Kvitová s’est imposée face à sa compatriote Karolína Plíšková en deux manches disputées (7-6 [7/4], 6-3). Une performance majuscule qui a ouvert à la double lauréate de Wimbledon les portes d’une nouvelle finale dans la capitale espagnole, un tournoi qui lui a si souvent souri.
Une opposition de styles au sein de l’école tchèque
Le duel entre Kvitová et Plíšková représentait ce que le tennis tchèque moderne sait produire de plus redoutable : une puissance brute, des premières balles dévastatrices et un engagement total dès le retour. Si Plíšková, alors classée sixième à la WTA, s’appuie sur une régularité chirurgicale et un service clinique, Kvitová oppose une patte gauche imprévisible, capable de trouver des angles impossibles en coup droit.
Dans une première manche extrêmement serrée, aucune des deux joueuses n’a voulu céder de terrain. C’est finalement dans le tie-break que l’ancienne numéro deux mondiale a fait la différence, élevant son niveau d’agressivité pour s’adjuger le jeu décisif sept points à quatre. Libérée par le gain de ce set inaugural, Kvitová a ensuite rapidement pris les commandes de la seconde manche, breakant au bon moment pour conclure la rencontre après un peu plus d’une heure et demie d’un combat intense.
L’altitude de Madrid, un terrain d’expression idéal pour Kvitová
Ce succès n’avait rien d’un hasard. Disputé à plus de 600 mètres d’altitude, le tournoi de Madrid offre des conditions de jeu singulières : l’air plus rare accélère la trajectoire de la balle, transformant l’ocre espagnole en une surface rapide qui favorise les attaquantes audacieuses. Kvitová, déjà couronnée dans la Caja Mágica en 2011 puis en 2015, y retrouve traditionnellement des repères précieux.
Parallèlement aux exploits des joueuses, le tableau masculin battait également son plein sur les mêmes courts, illustré par des chocs passionnants où la jeune garde émergeait, à l’image du parcours où Zverev rejoint Shapovalov en demi-finale pour affirmer son autorité sur le circuit ATP.
Le défi Kiki Bertens et la perspective des grands rendez-vous
En atteignant la finale, Kvitová s’est offert l’opportunité d’inscrire son nom pour la troisième fois au palmarès madrilène. Face à elle se dressait la surprise du tournoi, la Néerlandaise Kiki Bertens, spécialiste émérite de la brique pilée, qui venait d’aligner des victoires retentissantes contre Maria Sharapova et Caroline Wozniacki. Cette affiche inédite promettait un contraste saisissant entre la force d’impact de la Tchèque et la science défensive de la Néerlandaise.
Au-delà du trophée madrilène, cette démonstration de force confirmait la formidable résilience de Petra Kvitová. Revenue au plus haut niveau mondial après la terrible agression au couteau subie à son domicile fin 2016, elle prouvait qu’elle demeurait une prétendante majeure pour les plus grands titres du calendrier. Quelques mois plus tard, la saison sur gazon réservera elle aussi son lot de surprises et de consécrations historiques, à l’image du tournoi de Wimbledon où Angelique Kerber l’emporte face à Serena Williams, démontrant l’incroyable densité du tennis féminin de cette époque.




