Reprise de demi-volée spectaculaire lors d'un match de football dans un stade comble

Mondial 2018 : la demi-volée d’anthologie de Benjamin Pavard sacrée plus beau but du tournoi

Il y a des gestes qui s’impriment instantanément dans la mémoire collective du football mondial. Le 30 juin 2018, à la 57e minute d’un huitième de finale étouffant à Kazan, l’équipe de France était menée 2-1 par l’Argentine et semblait vaciller au bord du gouffre. C’est à cet instant précis qu’un jeune défenseur de 22 ans, encore méconnu du grand public quelques mois plus tôt, a réalisé l’impensable. La Fédération internationale de football association (FIFA) a officialisé le vote de plus de trois millions d’amateurs de ballon rond : la reprise de Benjamin Pavard a été désignée plus beau but de la Coupe du monde 2018.

L’anatomie d’une demi-volée parfaite

Sur un centre venu de la gauche signé Lucas Hernandez, le ballon traverse toute la surface sans être touché. Benjamin Pavard arrive lancé aux abords des dix-huit mètres. Au lieu d’assurer un contrôle sous la pression, le joueur alors licencié au VfB Stuttgart fait le choix de l’audace pure. Le corps parfaitement équilibré, la jambe droite fouettant le cuir de l’extérieur du pied pour lui imprimer une trajectoire flottante et brossée, il nettoie la lucarne opposée de Franco Armani.

Ce bijou d’esthétisme a devancé 168 autres réalisations inscrites tout au long de la compétition russe. Dans les suffrages, le Français a pris le dessus sur le coup franc astucieux du Colombien Juan Quintero face au Japon et le tir puissant du métronome croate Luka Modrić face à ces mêmes Argentins au premier tour. C’est la première fois depuis la création de ce prix officiel en 2006 qu’un joueur européen remporte cette distinction, succédant notamment à des artistes comme James Rodríguez en 2014 ou Maxi Rodríguez en 2006.

Le basculement psychologique des Bleus

Au-delà de la pureté plastique du mouvement, cette demi-volée a constitué le tournant émotionnel de l’aventure tricolore. Jusque-là laborieuse, après un match d’ouverture poussif où aidée par la vidéo, la France battait l’Australie dans la douleur, la formation de Didier Deschamps a trouvé dans ce coup d’éclat l’étincelle salvatrice. L’égalisation a immédiatement libéré les énergies, ouvrant la voie à la victoire spectaculaire des Bleus face à l’Argentine sur le score fleuve de 4 buts à 3.

« Le ballon arrive, il rebondit, je ne me pose même pas de question. J’ai essayé de me coucher pour ne pas qu’il s’envole au-dessus de la barre. C’est rentré, tant mieux pour l’équipe et pour moi ! »— Benjamin Pavard au micro des journalistes après la rencontre

Un phénomène populaire et le début d’une nouvelle ère

Du jour au lendemain, le natif de Maubeuge a vu sa vie basculer. Les supporters français lui ont dédié un refrain accrocheur qui a résonné dans toutes les fan zones de l’Hexagone et au cœur des vestiaires : « Il sort de nulle part, une frappe de bâtard, on a Benjamin Pavard ! ». Ce statut d’icône populaire inattendue a accompagné toute la deuxième partie du tournoi, galvanisant un groupe qui allait décrocher sa deuxième étoile le 15 juillet face aux Croates.

Dans la foulée de ce triomphe, l’effervescence a gagné le pays tout entier, au point que le métro parisien célébrait la victoire en rebaptisant temporairement plusieurs de ses stations. Ce but n’était pas seulement une prouesse athlétique, il est devenu le symbole de l’audace et de la solidarité d’une génération d’athlètes décomplexés, désormais ancrée à jamais dans le Panthéon du sport français.

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