En janvier 2018, le Bureau ovale de la Maison-Blanche est devenu le théâtre d’un incident diplomatique d’une intensité rare. Lors d’une réunion à huis clos avec plusieurs parlementaires démocrates et républicains consacrée aux réformes de l’immigration, Donald Trump a tenu des propos d’une violence verbale inouïe. Évoquant les ressortissants d’Haïti, du Salvador et de plusieurs nations du continent africain bénéficiant de statuts de protection temporaire, le président américain aurait qualifié ces territoires de « pays de merde », s’interrogeant à voix haute sur la raison pour laquelle les États-Unis n’accueillaient pas plutôt des citoyens originaires de pays comme la Norvège.
Une onde de choc diplomatique immédiate
Dès la révélation de ces échanges par les grands médias américains, confirmée notamment par le sénateur démocrate Dick Durbin présent lors de la rencontre, la stupeur a laissé place à une vive réprobation internationale. La brutalité des termes employés a immédiatement dépassé le cadre feutré des négociations législatives à Washington pour embraser les chancelleries du monde entier.
Aux Nations unies, la réaction n’a pas tardé. Réunis en urgence à New York, les ambassadeurs de cinquante-quatre pays africains ont publié une déclaration commune au ton particulièrement ferme. Fait exceptionnel par son unanimité, le groupe africain à l’ONU s’est dit profondément heurté et a condamné sans réserve des déclarations jugées racistes, xénophobes et contraires aux principes fondamentaux du respect mutuel entre nations souveraines. Les diplomates ont formellement exigé des excuses publiques et une rétractation officielle de la part du dirigeant américain.
Indignation en Afrique et dans les Caraïbes
L’onde de choc s’est propagée à l’ensemble des capitales concernées :
- L’Union africaine : L’organisation continentale a exprimé sa consternation, rappelant l’apport historique des Africains aux États-Unis et soulignant l’incompatibilité de tels stéréotypes avec les valeurs universelles des droits humains.
- Haïti : Le gouvernement haïtien a convoqué le chargé d’affaires américain pour faire part de sa vive protestation, rappelant avec dignité le sacrifice historique des troupes haïtiennes lors de la guerre d’indépendance américaine à Savannah.
- Le Salvador : Les autorités salvadoriennes ont adressé une note officielle soulignant la contribution de leurs ressortissants à la reconstruction et à l’économie des États-Unis.
Bien que Donald Trump ait tenté de minimiser ses déclarations sur les réseaux sociaux en affirmant avoir simplement usé d’un langage « dur » mais sans employer ce terme précis, le malaise est resté palpable, ternissant durablement les partenariats entre Washington et les pays émergents.
Un style disruptif qui défie la tradition américaine
Cet épisode est emblématique de la méthode politique de Donald Trump, marquée par une rupture délibérée avec les usages diplomatiques traditionnels. Alors qu’il déployait par ailleurs de vastes ambitions scientifiques et technologiques, proclamant que Trump veut renvoyer des hommes sur la Lune et conquérir Mars, sa communication publique et privée s’est souvent caractérisée par une brutalité assumée envers les équilibres multilatéraux.
Sur la scène mondiale, cette stratégie de confrontation contraste violemment avec les moments où l’administration cherchait pourtant à soigner son image auprès des grandes puissances, comme lors de sa visite admirative à Paris où le défilé militaire du 14 juillet l’avait fasciné au point d’en vouloir une réplique dans la capitale américaine.
Cette crise verbale restera dans les annales comme l’illustration des tensions profondes entourant la question migratoire sous cette présidence. Elle a surtout mis en lumière la capacité des pays du Sud à opposer un front uni et digne face au mépris géopolitique.




