Piste d'athlétisme au soleil couchant illustrant l'ambiance des Jeux olympiques

Tokyo 2021 : quelles sont les plus grandes chances de médailles pour la délégation française ?

Après de longs mois de turbulences, de doutes sanitaires et un report historique d’une année entière, la grand-messe de l’olympisme s’ouvre enfin dans la capitale japonaise. Si les préparatifs ont suscité bien des interrogations au fil des saisons — comme nous le soulignions lorsque la chaleur inquiétait à deux ans des Jeux —, la ferveur sportive reprend ses droits. Près de 380 athlètes composent la délégation tricolore, prêts à défendre les couleurs de l’Hexagone avec l’objectif de flirter avec la quarantaine de médailles obtenues lors de l’édition précédente à Rio.

Les têtes d’affiche en quête d’or

Parmi les figures incontournables attendues sur la plus haute marche, l’athlétisme français concentre une immense part de ses espoirs sur Kévin Mayer. Médaillé d’argent au Brésil en 2016, le natif d’Argenteuil a depuis changé de dimension en s’emparant du record du monde du décathlon avec un total vertigineux de 9 126 points. Sa maturité technique et sa préparation millimétrée le placent naturellement comme le grand favori d’une épreuve combinée où chaque faux pas coûte cher. Alors que l’actualité de l’athlétisme mondial braque régulièrement les projecteurs sur des exploits spectaculaires, Mayer avance avec la pancarte de l’homme à abattre.

Sur l’eau, Charline Picon incarne une autre valeur refuge du contingent tricolore. Sacrée championne olympique en RS:X à Rio, la véliplanchiste rochelaise a confirmé son insolente régularité en décrochant le titre continental quelques mois plus tôt. Pour ce qui constitue les derniers Jeux de sa monture nautique historique avant le passage aux engins volants à foils, elle visera un doublé d’anthologie dans les eaux japonaises d’Enoshima.

Légendes du tatami et revenants : les défis de la maturité

Le statut de favori n’est jamais simple à porter, surtout lorsque les années défilent. Porte-drapeau officieux et légende vivante des poids lourds, Teddy Riner s’avance vers un défi colossal : remporter une troisième couronne olympique individuelle consécutive en judo. Après une décennie d’invincibilité légendaire interrompue en 2020, le colosse tricolore a traversé des périodes de blessures et de doutes avant de retrouver des sensations victorieuses sur le circuit international. Dans l’antre prestigieuse du Nippon Budokan, Riner sait que chaque combat réclamera une intensité absolue face à une nouvelle génération de combattants décomplexés.

Dans les sautoirs, Renaud Lavillenie s’apprête lui aussi à vivre un tournoi singulier. Déjà couronné à Londres en 2012 puis médaillé d’argent à Rio, le perchiste auvergnat aborde cette échéance avec l’expérience des grands rendez-vous, malgré une concurrence internationale menée par le phénomène suédois Armand Duplantis qui repousse sans cesse les limites célestes.

Les sports collectifs et les disciplines d’armes en embuscade

L’histoire olympique française s’écrit traditionnellement sur les pistes d’assaut. Même si la concurrence européenne et asiatique s’est considérablement intensifiée, comme l’avaient montré les derniers Mondiaux d’escrime où les tireurs français s’étaient illustrés avec brio, le fleuret et l’épée conservent des arguments massifs pour enrichir le tableau des récompenses, que ce soit en individuel ou par équipes.

Il ne faudra pas non plus négliger les collectifs : le handball masculin et féminin, le volley-ball emmené par une génération dorée, ainsi que les équipes de basket-ball ont toutes le potentiel de transformer leur régularité internationale en métaux précieux. À quelques encablures de Paris 2024, cette quinzaine tokyoïte sans public servira de formidable révélateur pour mesurer la vitalité du sport de haut niveau en France.

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